dimanche, février 12, 2006

Anniversage

22h00

L’interphone sonne. Laura et Frédéric passent nous rendre visite. Il sont les premiers à me souhaiter Happy Birthday.
Cette attention me touche.
Nous faisons un anniversage car ils nous quittent à l'heure ou nous sortons d'habitude.

En me couchant j'ai Frankie dans la tête qui me susurre When I was seventeen it was a really good year.

jeudi, février 09, 2006

Un être rare

Réunion avec Jean-Philippe Bouchard au sujet du lancement pour la presse de Grand Corps Malade.
Comme avant mes grands paris je suis stressé. Si je n'ai pas demandé 10 fois à Jean-Phi comment vont être les lumières, comment va-t-on faire ci et ça… je ne le lui ai pas demandé.
J'ai vraiment la sensation que Fabien va décoller d'un coup. Qu'il est attendu comme le messie. Cet artiste parle à tous le monde avec ces textes, il apaise ceux qui l'écoutent, donne de l'espoir
avec une générosité naturelle. C'est un être rare.

21H00

Je dîne chez Thiou.
Si vous aimez la cuisine Thai alors vous ne pourrez plus vous passer de Thiou.
Ancienne virtuose du piano, elle a quitté l'Asie pour exercer ses talents de pianiste à Paris. Mais son destin en a décidé autrement. Situé Quai d'Orsay le restaurant est décoré avec goût. Les habitués ont une plaque à leur noms sur leur table.
J'y ai bien évidement la mienne depuis l'ouverture.
Chai est un maître d'hôtel comme on en fait plus. Il connaît le goût et les habitudes des clients par coeur. D'une discrétion et d'un raffinement à toute épreuve ce gars est une vrai perle.
Je me précipite sur la soupe de poulet au lait de coco dans laquelle il ne faut surtout pas oublier de mettre du sticky rice, puis j'enchaîne sur les sot l’y laisse à la thai.
La réussite de Thiou c'est de mélanger la cuisine Thai avec la cuisine Française sans aucune faute de goût.

Je passe un excellent moment en compagnie de mon pote Hervé Labeille que je n'avais pas vu depuis des lustres.

23H00

Sage comme une image je ne prend pas à gauche vers Justerini et Brook mais à droite vers chez moi.
Pris d'insomnie je me relève, m'installe confortablement dans mon salon après avoir mis « Sleuth » dans mon lecteur dvd.
Dernier film tourné par Mankiewicz en 1972 ce chef-d'oeuvre absolu est interprété par les deux boss du cinéma Anglais: Sir Laurence Olivier et Michael Caine.
La rencontre entre les deux acteurs relève de la joute. Quasiment inégalable!
Le film démarre dans un labyrinthe de fourrés. Kubrick tournera « Shinning » quatre ans plus tard et son film fini dans un labyrinthe de fourrés... Magnifique hommage d'un génie à un autre.
Au lieu de m'endormir et même si je le connais par coeur, «Le Limier» m'entraîne jusqu'à 04H00.

Bonne nuit.

mercredi, février 08, 2006

Ai-je grandi ?

Journée studieuse pleine de rendez vous très différents les uns des autres. Artistique, marketing, financier, juridique.
Tiens un producteur me fait écouter un titre dont les paroles sont écrites par Guy Carlier. Je sais par indiscrétions que ce gars là me déteste.
Il y a quelques années, je n'aurais pas aimé ces paroles par principe même si elle sont
honnêtement d'un bon niveau.
Mais là je crois que je vais peut être la prendre.
Est ce du cynisme ? Ai-je grandi?
Les deux mon colonel !

22H00

Le Mathis est plein comme un oeuf.
Je la repère dés que je rentre grâce à cette couleur de cheveux qui n'appartient qu'à elle.
Catherine LARA m'accueille à notre table avec un grand sourire. Il y a longtemps que nous ne nous sommes pas vus.

Elle m'annonce que Franco Dragonne a accepté de mettre en scène sa comédie musicale le Graal. Dragonne est le plus grand metteur en scène du monde. Prés de 85 spectacles dont les plus grands de Végas ont étés mis en scène par ce génie.
Je suis heureux pour elle. Nous nous sommes découverts à ce dîner, nous parlons de musique, de son album, de violon, de la vie.
Cette nana est hors normes.
Puis j'ai l'impression d'être complètement bourré lorsque je vois deux Catherine LARA à ma table. C'est en fait Gérard Darmon et ses cheveux blancs qui nous ont rejoint pour le dessert qui me font cet effet d'optique!
Je parlerai de Gérard plus tard, il y a tant de choses à dire sur ce personnage que je kiffe.
Puis arrive Christophe avec lequel nous entamons une grosse discussion sur le poker.
La soirée puis la nuit passe au grés des arrivées de stars et de vedettes, de jolies filles et de cannons le tout orchestré par Gérald, assisté de Jacques et de François.
Ils ont réussit un truc très difficile dans le monde de la nuit.
Chez eux la star c'est l'inconnu.

mardi, février 07, 2006

Richard Dumas

Il y a quelque temps, Nicolas Gautier entre dans mon bureau une de mes interviews à la main en me disant:
"Pas mal ce que tu dis, par contre j'en peux plus de tes photos avec ta
tête de premier de la classe. Il serait temps que tu en refasses."

"Pas de problème Nico trouve un photographe et j'en refais.
"J'ai pensé à Richard Dumas"
me répond il.

Richard Dumas n'est pas un photographe mais le photographe. Des images à la fois fortes et mystérieuses, indatables.
Son travail m'a toujours plu mais je doute qu'il veuille me photographier même si nous nous étions rencontrés sur le tournage de Backstage.
A l'époque nous tournions au Plazza Athénée, l'un de mes hôtels préférés, et je lui avais fait découvrir une chose inoubliable: la religieuse au caramel du Plazza. Quelques grammes de finesse, de bonheur, d'enfer, de douceur, de folie. Nous avions partagé ce moment avec plaisir et délectation un peu comme Hannibal lorsqu'il déguste un foi avec du Chianti.

Mais de là à ce que Richard Dumas l'homme qui a photographié Chet Baker, Miles Davis, David Cronenberg, Gena Rowlands ou encore Jean-pierre Léaud et Alain Bashung accepte de passer une journée avec moi...

Je réussis à contenir ma joie lorsque Nicolas m'annonce que Richard est ok pour la séance.

Midi

Je pénètre dans l'hôtel situé rue des beaux arts dans le sixième. Je ne sais pas comment il a deviné ma passion pour Oscar Wilde, mais Richard m'a donné rendez vous dans la suite ou ce génie Anglais a passé ces derniers jours. C'est même ici qu'il a prononcé sa dernière
phrase mythique: "Je meurs comme j'ai vécu, au dessus de mes moyens".
Je suis en retard et je trouve Richard absorbé par un site sur les Océans. Il n'a rien préparé et j'en suis heureux. Un autre aurait déjà pleins d'idées et serait agacé par mon retard. Pas Richard. Nous nous retrouvons comme si nous nous étions quitté la veille alors que nous ne nous sommes pas vus depuis un an.
« Qu'est ce que tu veux comme photos ? » me demande-t-il.
« Ce que tu veux Richard c'est toi le maître. Si je t'ai choisis c'est que ton univers me plais alors je ne vais pas commencer à te donner des limites. »
Je sens que mon état d'esprit lui plait et que nous allons passer un super moment.

A coté du lit sont encadrées les dernières notes d'hôtel d'Oscar Wilde. Prés de 2900 francs de l'époque ce qui est énorme! C'est ici qu'il est mort en exil, suicidé par trop d'absinthe.
Une photo de lui trône sur une superbe commode d'époque,les tentures et la moquette rouge donnent un coté lupanar cossu à l'endroit. J'aime cette ambiance.

Richard commence à me shooter me demandant d'imaginer tous ces gens aux fenêtres de l'immeuble d'en face qui n'y sont pas.
« Tu as vu la fille à la fenêtre droite? »
« Oui mais elle s'est tirée vers la fenêtre gauche! Merde! »


Je commence à avoir froid, nous refermons la fenêtre et Richard me raconte une histoire de photographe:
« Helmut Newton shootait un mannequin dans des conditions climatiques glaciales. Au bout de huit heures le mannequin lui dit Helmut je suis toute bleue, et Newton de lui répondre c'est pas grave ma chérie je suis en noir et blanc! »
Nous rions de bon coeur et je passe un moment génial alors que je ne suis pas fou à l'idée de faire des photos.

Puis nous filons au Ruquier situé à l'angle du boulevard St Germain et de la rue des Saints Pères. Sur le chemin nous passons devant le collège St Benoit où j'ai fait une partie de mes courtes études. Je ne vois pas Richard me photographier même si j'ai l'objectif sous le nez. Ce n'est pas l'appareil que je regarde, ce mec est un magicien il arrive à faire disparaître ces boîtiers!

Le Ruquier est un café sur lequel le temps n'a pas de prise. Les années 50 sont présentes jusque dans les néons neufs accrochés aux plafonds. Nous commandons deux bières et Richard continue de me photographier discrètement sans gêner les clients au comptoir. Je regarde ce café vivre à l'ancienne. J'ai l'impression d'être chez moi.

« Tu me dis quand tu en as marre me dit Richard pour moi ça n'est jamais fini… »

Je le quitte à regrets sans lui demander quand il me donnera les clichés, il me les donnera quand il voudra ou plutôt quand il estimera qu'ils sont prêts.

Merci Richard.

lundi, février 06, 2006

C'est les vacances

20H00
C'est les vacances et cela se sent. Pas une bagnole du haut du boulevard St michel jusqu'à Sébastopol.
7Mn pour rentrer à la maison quand il m'en faut 25 d'habitude.
10 mn pour trouver une place quand il m' en faut 60 d'habitude.
C'est sur il y a un max de monde sur les pistes enneigées et tant mieux; Paris est un peu plus à moi tout seul.
Je viens de me taper un saucisson pistaché de Lyon avec du sarrasson et des pommes de terre sautés.
Ma chaine envoi Darryl Hall et John Oates; malgré un son qui a vieilli, les titres s'enchaînent pour mon plus grand bonheur...
Open all night, I can go for that version live à l'Apollo, One on one.
Des images de fanatiques religieux armes aux poings, le visage déformé par la haine ,défilent sur le plasma de l'autre coté de mon salon.
Ma femme lascive sur le canapé textote en masse.
C'est passionnant tout ça me direz-vous, mais à part ça qu'est ce que tu as fait cette semaine papa?

samedi, février 04, 2006

Deux traits = sécurité

A bord du TGV qui me rammène à Paris, je feuillette les journaux de ma femme. J'ai toujours lu les journaux féminins, parce qu'on y apprend des tas de choses qu'on ne trouve pas dans auto moto, Max ou l'Echo des savanes!
Je tombe sur un article traitant du développement inquiétant de la cocaine en France.
La journaliste explique que cette drogue plutot réservée au départ à une certaine élite, est en train de se propager chez nous à cause d'une surproduction mondiale et donc d'un prix abordable. Elle s'étonnait même d'avoir croisé un plombier qui en prenait pour travailler, comme si les plombiers n'avaient pas de nez!
J'ai soudain, comme souvent, une pensée bizarre: les consommateurs de coke doivent être très prudents sur l'autoroute puisqu' "un trait = danger, deux traits = sécurité".

Je n'ai pas du tout envie de vous raconter mon week-end, même si j'ai été témoin de scènes qui feraient pâlir d'envie tous les rédacteurs en chefs de presse people.

vendredi, février 03, 2006

La Grande Sophie a Lyon

Toute l'équipe commerciale assiste à quatre slams de Grand Corps Malade et ca ne loupe pas. Tout le monde est sous le charme de Fabien.
Je suis trés impatient de partager cet album avec le public.
Les 2 Réservoirs ou il va se produire sont déjà sold out juste grâce au bouche à oreille. Nous avons donc ouvert 2 cigales pour les 15 et 16 Mai prochain. J'ai hate.

20H45
J'arrive à Lyon, au Transbordeur.
Quel plaisir de retrouver La Grande Sophie sur scéne pour l'une de ces Premières dates avant le 20 février à l'Olympia.
L'environnement scénique est à la fois de bon goût et proche du public.
Je trouve Sophie trés à l'aise sur les titres de son dernier album. Il est souvent assez difficile d'arranger les morceaux les plus récents pour la scéne. Mais l'artiste et le groupe ont bossé et cela ce sent.

22h15
Nous voilà tous dans le bus de tournée qui nous emmenne dans un petit bouchon Lyonnais (pour ceux qui ne le sauraient pas : un bouchon à Lyon c'est pas un embouteillage mais un restaurant typique Lyonnais) afin d' échanger nos impressions sur le spectacle.
Ce que nous nous y sommes dit ne vous regarde vraiment pas alors n'insistez pas.

01H45
Je regagne La Cour Des Loges, situé dans le vieux Lyon. Cet hotel est une curiosité régionale. Le plus vieux batiment date du quatorzieme siécle et le plus récent du dix huitième. Le charme de l'ancien avec tout le confort moderne.
Dans mon lit douillet je ne peux m'empécher de me poser une question débile : combien de couples ont fait l'amour dans cet endroit depuis le quatorzième siècle? Et combien depuis le dix huitième? Pourtant je ne suis même pas bourré. C'est dire!
L'absence de réponse à cette question fondamentale ne m'empêche pas de m'endormir comme un bébé...
Bonne nuit.

jeudi, février 02, 2006

Réunion marketing chez AZ

Autour de la longue table en bois de la salle de réunion du septième étage qui surplombe le Panthéon sont réunis dans l'ordre d'apparition à l'écran :
Nicolas Gautier, directeur marketing, Laeticia Rocca, responsable du marketing international, Guillaume Lalu, Delphine Marqués, Greg Debure, et Julie Lévéque, chefs de projets ainsi que Jean-Philippe Bouchard.
C'est parti pour trois bonnes heures de réunion ou les idées fusent comme les vannes. Dans cette équipe il ne fait pas bon sortir une grosse connerie, sous peine de ce faire tacler sévére.
Chaque participant présente son plan aux autres et nous partageons nos doutes, nos certitudes et surtout : nos doutes!
Cette réunion a été trés constructive, de plus on s'est bien marré ce qui est somme toute le principal dans nos métiers.
Je dois malheureusement la quitter avant la fin pour assurer un rendez vous qui m'a gonflé avec un personnage tellement ininterressant et surtout sourd qu'il ne vaut meme pas un pet de lapin.
Le prochain objectif de ma vie est d'arreter de perdre mon temps avec des cons. J'ai autant de chances de l'atteindre que j'en ai de gagner à l'euro millions c'est à dire 14 millions ! Je suis pas prêt d'être débarrassé des abrutis mais comme tous les joueurs du monde je garde espoir.

mercredi, février 01, 2006

Pour garder ses amis...


Je suis allé chez François Hadji Lazzaro écouter les premières prises de son prochain album. Sa maison est comme celle que l'on a plaisir à trouver dans les b.d. de Margerin . Sa chatte dort paisiblement sur un radiateur.
J'ai passé un moment inoubliable.
Nos relations avaient trés mal débuté. Il faut dire qu'entre lui et moi au départ c'est un peu le jour et la nuit.
Nous avons mis du temps à nous apprivoiser...
Ancien indépendant, chef de file des garçons Bouchers, François a du se résoudre à rejoindre Island il y a quelques années et c'est pour cette raison que nous avons étés ammenés à travailler ensemble.

Lorsque je pénétre dans sa maison un premier écriteau attire mon regard :

"Pour garder ses amis la maison ne fait pas crédit!"

Je me dis que je devrais en mettre un similaire chez AZ :

"Pour garder ses artistes la maison ne fait pas d'avance!"

Puis je suis fasciné par la trentaine d'instruments qui trônent dans le studio et dont je ne connaissais pas l'existence pour la plupart.
François me fait écouter les chansons les une aprés les autres et m'explique d'ou viennent les instruments qu'il a utilisés.
Je suis attiré par une magnifique guitare Portugaise à double cordage.
Il m'a entrouvert la porte de son univers et je l'en remercie. Je suis là, assis derrière lui, écoutant attentivement plusieurs titres d'un niveau d'écriture qui me ravit.
J'ai le sentiment que derrière un physique impressionnant se cache un homme bourré de tendresse et d'humour.
A la fin de l'écoute il m'offre un excellent verre de Bourgogne blanc et nous trinquons ensemble.