lundi, janvier 30, 2006

Mise au point

Je lis bien sur les commentaires...
Merci à tous ceux qui les laissent avec leurs adresses pour que je puisse leur répondre si j'en ai envie ou si je lis des choses qui me plaisent.
Et merde à ceux qui laissent des insultes anonymes; regardez dans vos arbres généalogiques vous y trouverez sûrement une gentille grand-mère concierge en 1941 à Paris, qui connaissait bien l'adresse de la rue Lauriston!
Un peu de courage les anonymes... montrez les coucougnettes pour une fois, essayez et vous verrez qu'assumer ce que l'on dit et ce que l'on écrit c'est comme une bonne douche... ça fait du bien.

jeudi, janvier 26, 2006

Bharati


J'ai rendez vous à Skyrock avec Laurent Bouneau.
J'ai mis du temps à cerner la personnalité complexe de Laurent. Très intelligent, Laurent fait lui aussi partie des cadors de ce métiers. Je produis très peu de rap et de groove, je n'ai donc pas beaucoup l'occasion de bosser avec lui.
C'est peut-être pour cela que tu l'adores, me diront ses détracteurs!
Pas du tout. J'ai énormément de respect pour lui. D'abord professionnellement, car c'est le premier à avoir parié sur le format rap en radio il y a plus de 10 ans maintenant et à avoir senti un nouveau courant. Personnellement ensuite : nous avons commencés quasiment ensemble à Sky. J'étais animateur et lui déjà programmateur.
Il a boosté cette radio et a su en faire un passage incontournable pour le rap français.
L'oreille de Bouneau est crainte mais elle est respectée, tout comme l'était celle de Max Guazzini lorsqu'il s'occupait encore d'NRJ avant d'aller faire le bonheur du stade Français.
Ces 2 stars ont écrit les grandes pages de l'histoire de la FM. Chacun à leur manière.
Un peu comme un Réal - Barcelone ou PSG - Marseille…il nous en faudrait plus des comack qui écoutent les chansons, qui s'intéressent aux artistes, qui nous aident à développer des carrières. Bref des personnalités qui savent regarder plus loin que le bout de la marque qu'ils défendent, des curieux qui ont de l'humour et du panache.

Laurent me fait écouter un titre de la B.O. du Sheitan interprété par la soeur du réalisateur. Une production pop légère, une jolie voix douce une intro qui annonce un climat superbe...
Le morceau s'intitule Bâtards de Barbares! Tout un programme.
Et cette magnifique voix douce se met à chanter des paroles d'une violence inouïe du style "je vais mettre des coups de cutter dans la cha... de ta mère", j'en passe et des meilleurs.
Je ne vous cache pas que ce titre m'a profondément mis mal à l'aise. Et pourtant j'en ai vu , entendu et fait bien d'autres!
Mais là je suis en plein rejet de la violence sous toutes ces formes. J'ai vraiment eu du mal à écouter ce disque jusqu'au bout. Je flippe de plus en plus pour mes enfants et ceux que j'aime de cette violence qui s'est installée naturellement partout dans notre société. Peut-être est-ce le moyen d'expression de tout ceux qui n'ont plus rien à perdre. Mais en tout cas ce ne sera plus le mien.
Quand je fais écouter Grand corps Malade à Laurent il me dit que je suis très courageux d'avoir signé cet artiste. Je ne pense pas que le terme courageux soit approprié. Cette signature est pour moi comme une évidence, cet artiste va exploser je le sens.

20H45

Le Palais des Congrès est plein comme un oeuf pour la première de Bharati, comédie musicale Indienne que nous lançons ce soir à Paris. Je suis émerveillé comme un gamin devant la vitrine des Galeries Lafayettes du mois de Décembre par ce que je vois sur scène.
100 danseurs, chanteurs, musiciens, acrobates nous offrent un spectacle d'une générosité incroyable. Les chorégraphies sont modernes et fraîches, les costumes colorés et fluides me donnent envie de m'habiller en Indou. 1H45 de show sans aucune longueur me donnent la patate. Ce spectacle à la fois naïf et optimiste est en fait très profond.
L'histoire ramène un jeune Indou très Américanisé dans son pays d'origine. Ce garçon vient pour essayer de nettoyer les eaux du gange. Bien déterminé à repartir aux Etats unis au plus vite, ses origines vont le rattraper bien vite par le biais d'une très jolie jeune femme dont il va tomber éperdument amoureux. J'adore ce spectacle et j'espère qu'il marchera fort que nous puissions rendre à nos amis Indiens tous le bonheur qu'ils nous ont procuré sur scène.

mercredi, janvier 25, 2006

Formidable canard

Je suis invité à dîner chez Cécile Rap-Veber. Avocate de formation, Cécile négocie les contrats avec les artistes et leurs représentants. Son mari Didier est artiste peintre. Passionné de Pop Art et des 70's, Didier expose régulièrement ces toiles et commence à pas mal marcher. J'ai moi même craqué et à l'heure ou j'écris ces quelques lignes je peux contempler son OSS 117 brune, dont je me suis porté acquéreur et qui trône dans mon salon.
Cécile a beau être juriste de formation, elle s'est mariée à un artiste... Y a pas de hasard.
Je m'éclate avec ce formidable canard accompagné de ces patates sautées...et bien sautées. Parmi les convives Arnaud Delbarre.
Attention ce n'est pas n'importe qui : 1M90 de bonheur à l’état pur. Delbarre fait partie des tauliers de ce métier. Passionné de rock, bassiste mythique des Stocks, ch'ti fils de ch'ti, petit fils de ch'ti, Arnaud est le directeur de l'Olympia. Amoureux de sa région d'origine, le Nord, j'aime l'entendre me dire qu'il est "sur ces terres" quand je l'appelle le week-end.
Je peux avoir parlé à 30 cons dans la journée, être démotivé, lessivé, si j'ai Delbarre 2 minutes au téléphone,j'oublie tout le reste.
Tant qu'il y aura des mecs comme ça dans le métier je serai heureux d'en faire partie.

mardi, janvier 24, 2006

La Gauloise

Pierre Gagnaire est vraiment à la hauteur de sa réputation. La gauloise que nous avons partagé avec mon pote Olivier Douce vient encore une semaine après hanter mes papilles gustatives.La gauloise ce n'est pas une clope mais une poule, tout comme celle de Bresse mais pas pareil! Je ne la connaissais pas et je suis heureux de me coucher moins ignare que ce matin.
Merci monsieur Gagnaire.

lundi, janvier 23, 2006

Grand corps malade au Réservoir


Après avoir assisté à la conférence de presse du SNEP, je saute dans un avion qui me ramène à Paris.

21H00

L'audience du réservoir est très concentrée. Le public boit les paroles de Grand Corps Malade. Des lascars du neuf trois tous biceps dehors sont accoudés au bar pendant que de jeunes grands mères sont assises dans la salle. Leur point commun : venir applaudir Fabien.
1H00 de Slam.
Une heure pendant laquelle le public est totalement captivé. Personne ne bronche quand il pose ces textes très adroitement, seul sur la scène face à un public inconnu sans fioritures. Il est très fort très émouvant. Je kiffe un vrai moment de plaisir et il y a un signe qui ne
trompe pas…j'ai la chair de poule. A la fin du spectacle je rencontre ses parents et sa soeur tous trois très touchants. Je sens que c'est une famille ou il y a de l'amour et du respect. Je suis très heureux de pouvoir parler avec eux quelques instants.
Puis je discute avec Jean-Rachid, le producteur de Grand Corps Malade et Jean-Philippe Bouchard qui va produire Fabien sur scène. Jean-Phi est un marseillais de trente deux ans qui a démarré sa carrière dans les caboulots, comme il dit, à Marseille avec Titoff. En trois ans il a
réussi à imposer un artiste et à exister à Paris. Je suis sûr que nous allons faire de belles choses ensemble. Je connais Jean-Rachid depuis quelques années maintenant. A l'époque il avait un one man show mais il a vite compris qu'il était plus fait pour produire que pour être sur
scène et ça c'est une grande preuve d'intelligence. Je suis très heureux qu'avec Fabien ils m'aient accordés leur confiance en signant chez AZ.
Nous parlons du spectacle de ce que nous allons faire pour la mise en scène. Fabien est prêt à affronter le métier, le public, et sa vie d'artiste. La balle est dans notre camps. A nous de lui montrer que nous sommes de bons producteurs.
La présentation à la presse se fera le jour de mes 40 ans le treize février.
J'espère que ça lui portera bonheur.

dimanche, janvier 22, 2006

Dimanche en famille II

C'est l'anniversaire de Raphaël Zeitoun, qui a neuf ans. C'est mon petit frère, qui est plus jeune que sa nièce ma fille! Je l'aime ce petit gars. Il rie de bon coeur quand je lui dis que je vais lui offrir un jeu Barbie princess pour sa Game Cube. Sa soeur Léa, donc la mienne, qui est plus jeune que mon fils son neveu, est tout à fait d'accord pour Barbie. Son seul problème c'est que ce n'est pas son anniversaire.

samedi, janvier 21, 2006

Mission accomplie

J'appuie sur un bouton qui ouvre les volets roulants de la 524 et là c'est l'extase... Le soleil et la mer bleue marine sont au rendez-vous. La douceur du climat et du peignoir blanc que je porte suffisent à mon bonheur et je bulle en buvant mon jus de pomme frais pendant 30 minutes. J'aperçois les yachts blancs du port Canto qui scintillent au soleil. Celui de la veuve Kodak est toujours à la même place, majestueux.

13H00

Je déjeune avec Marc, Sarah et une grande partie du staff de Mercury. A coté de moi Pierre Alain Simon producteur de Marc Lavoine et de Calogero. Pierre-Alain est une figure de mon métier. Il me connait depuis que j'ai débuté et il n'y a pas un jour ou je ne pense pas à la
phrase qu'il avait eu il y a quinze ans: tu sais mon p'tit gars ce qui est difficile dans ce métier c'est pas d'y entrer...c'est d'y rester. Il a tellement raison. J'ai eu la chance de travailler avec lui lorsque j'étais directeur du marketing et de la promo chez Mercury. Calo démarrait alors sa carrière solo. A l'époque seul Pascal Négre y croyait dur comme fer. Pierre-Alain a tout de suite accepté de le produire.nQuelques années plus tard on voit le résultat. Je crois que ceux qui restent sont ceux qui sont déterminés et conscient du talent des artistes qu'ils défendent... et du talent Marc et Calogero n'en manquent pas.
Pierre-Alain a réalisé mon rêve: il vit la moitié du temps à Paris et l'autre moitié à l'autre bout du monde dans une contrée qu'il adore. C'est un trés grand du métier malgré sa petite taille.

J'ai rendez vous avec des producteurs étrangers tout au long de l'après-midi. J'aime travailler avec les anglo-saxons qui sont bourrés de défauts mais qui ont une qualité majeur: on écoute d'abord la musique et après on parle business. Le problème chez nous, c'est que c'est souvent
l'inverse.

20H00

Je rejoins Pascal Négre, Jean-Phillipe Allard patron de Polydor, Olivier Caillart patron de Barclay, Santi patron de Mercury, Olivier Nusse patron d'Ulm et surtout Lucian Grainge Patron d'Universal music monde au Carlton, point de départ pour la montée des marches.

Lucian Grainge est notre big boss. Ce gars là a signé la même année Keane, Scissors Sisters et Snow Patrol pour ne citer qu'eux. Cette turne est dirigée par un artistique, c'est à dire un gars qui a des oreilles,je trouve cela plutôt rassurant à l'heure où on invente des machines à faire des tubes.
Et oui vous ne rêvez pas : la machine à faire des tubes a toutes les chansons qui ont marché ces 20 dernières années en mémoire. Ces inventeurs prétendent qu'il suffit d'y entrer une nouveauté et que la machine vous dira combien de chances votre titre a de marcher. Je suis pas prêt de l'acheter cette machine miracle. Le bruit court que c'est Thierry Chassagne qui s'est empressé de passer le premier bon de commande et qu'il a essayé de toutes les acheter. Est-ce
vrai? Va savoir, il y a tellement de mauvaises langues dans ce métier...

Nous voilà donc tous sous les crépitements des appareils photos installés de chaque côtés de ces fameuses marches que tant de gens veulent gravir. Certains penseront que c'est de la frime ou de la mégalomanie que nous ayons tous monté ces marches. Je ne le crois pas. C'était juste pour montrer qu'une équipe d'une major peut être unie et prendre du plaisir à travailler ensemble.

Juanes est numéro un du top single et Chimène deuxième du top album. Malgré ces performances notables ils n'ont pas étés conviés aux NRJ MUSIC AWADS ce qui, je ne le cache pas, m'a un peu déçu. C'est l'un des défauts majeurs de mon métier. Il reconnaît souvent les talents après le public. Tu me diras il vaut mieux ça que l'inverse.

La soirée en backstage est très agréable et je croise tous les gens de mon métier que je n'ai pas l'occasion de voir durant l'année. Tout comme aux Victoires de la musique ou au prix Constantin ou encore à la Fête de la musique tout le monde est là, les potins s'échangent comme les cartes
de yho gi yo dans les cours d'écoles et ça me fait bien marrer. Patrick Bruel est en pleine forme, normal il vient de composer un tube et son nouvel album s'annonce très fort. Robbie Williams traverse la salle au pas de charge accompagné d'une bonne trentaine de personnes sous
l'oeil médusé de ma femme, carenée en Galliano et de ses copines, ce qui a le don de m'énerver. Jennifer est superbe dans sa robe bustier noire; je le lui dis. Ce qui a le dont d'agacer ma femme.

23H30

La soirée se termine et je file à l'ancienne. Je zappe la fête NRJ puisque j'ai vu tous les gens que je voulais voir et me rends directement chez les Partouche leur reprendre ce qu'ils m'ont pris la
veille.

05H00

Mission accomplie puisqu'à la fermeture je suis à jeux. Bonne nuit.

Le siècle des ampoules

20H30

Mon avion se pose sur la piste de l'aéroport Nice Côte d'azur. Je savoure toujours la chance que j'ai de fouler le sol de la rivièra, l'une des plus belles côtes, que le monde entier nous
envie. Je la connais comme ma poche de Monaco à St Tropez; pas un club, pas un casino, pas une plage, pas un endroit romantique, pas une terrasse n'ont de secrets pour moi.

Si on me bandait les yeux je pourrais deviner si je suis dans le vieux Nice en train de faire la queue pour une part de Socca et une mauresque, ou si je suis à l'Eden roc au Cap d'Antibes, ou encore sur le port de Cros de Cagnes dégustant un plat de poutine, ou dans les rochers de St
Raphaël pour une oursinade clandestine du mois de septembre. Les tsars ne se sont pas trompés lorsqu'ils ont investis la french rivièra au début du siècle dernier. Et puis, demain, je la verrais à perte de vue, belle dans sa robe haute couture, sexy dans son mouvement…je suis fou d'elle et, si je ne la vois pas régulièrement, la mer me manque cruellement.

Direction le Majestic sur la croisette. Je partage mon chauffeur avec Hervé Rony directeur du Syndicat National de l'édition Phonographique. Hervé a beaucoup de boulot en ce moment puisqu'il est chargé de la mobilisation de notre corporation contre cette invention aberrante qu'est la licence légale.

Quelle connerie cette licence légale... La France est le seul pays Européen à avoir la tentation de l'adopter, alors que c'est Beaumarchais qui a créé le droit d'auteur à une époque ou les artistes n'étaient pas mieux traités que les clébards. Il parait qu'il y a huit millions d'internautes qui ont piraté au moins une fois de la musique ! C'est très flippant de ne plus vouloir rien payer. Parce que le fond du problème c'est ça : on ne veut plus casquer. Tout doit être gratuit, ou alors on peut faire du troc! J'ai essayé avec mon boucher. Je lui ai proposé 10 cds en échange d'une côte de boeuf. Il a refusé parce qu'il n'écoute pas de musique ce con là!

La France est un des rares pays au monde ou l'on vend plus de musique française qu'américaine ou anglaise... 2 disques vendus sur trois sont de production française, c'est pas une fierté ça? Pour faire les fiers ça on est bon, on s'la péte à l'étranger on bombe le torse comme notre coq ... mais pour défendre ce qui fait notre grandeur c'est plus compliqué ; le siècle des lumières est décidément bien loin. Aujourd’hui c'est le siècle des ampoules.

Si on ne protége pas nos artistes et notre boulot dans 5 ans il n'y aura plus rien à télécharger puisqu'il n'y aura plus rien de produit. Il restera des golds. Alors…autant écouter tout de suite Radio Nostalgie ; c'est gratuit et sans risque de se prendre une amende.

Un milliard de titres téléchargés et 20 millions seulement l'ont été de façon légale. Bonne nouvelle il reste quand même des gens qui ont une conscience, qui ne se comportent pas en voleurs de poules. Mais pas beaucoup. Ce qui n'est pas un problème car l'histoire a montré que les majorités n'avaient pas toujours raison et que des millions de gens pouvaient se tromper... il y a bien 5 millions d'abrutis qui ont voté Le Pen aux dernières présidentielles. Ca en fait du monde ça!

« Bonjour Monsieur Zeitoun quel plaisir de vous revoir » me lance Gérard le chef réceptionniste du Majestic.
« La suite 524 vous attend. Je sais que vous n'aimez pas le champagne alors j'ai pris la liberté de vous faire monter vos chocolats blancs préférés. »
J'adore cet accueil... vive les palaces vive Gérard et vive le Majestic !

Une bonne douche et quelques coup de fils plus tard me voilà attablé au Baoli avec Santi histoire de bien ouvrir ce 40 éme Midem.
En fait c'est pas le Midem que nous avons ouvert mais nos crânes! Mon pote Rony se pointe accompagné de sa nouvelle fiancée Georgia, chef des danseuses du Moulin Rouge, rien que ça. Rony est un des mecs les plus drôles que je connaisse. C'est aussi l'un des boss de Barbara Bui, une marque de fringue qui habille stars et people du monde entier. Il ne connaît rien au monde de la musique et me dit tout fier qu'il a basé un mytho qui prétend être producteur pour venir dîner avec moi. Qui est ce lui demandais-je? Je sais pas un mec qui s'appelle Chris quelque chose... enfin on s'en tape me répond il... je blêmis et lui lance 'ce serait pas Chris Blackwell par hasard?Oui c'est ça me répond-il mais comment tu le connais? Je lui réponds que c'est comme si je lui demandais s'il connaissait Yves St laurent.
Blackwell... l'un des 5 plus grands producer de musique au monde. Je suis très fier d'être le patron d'Island la boite qu'il a créée, et où il a signé BOB Marley U2 Robert Palmer, j'en passe et des meilleurs...Voilà un gars dont je suis fan. Chris Blackwell : le seul blanc au monde à pouvoir se balader dans les faubourgs de Kingston sans rien avoir à craindre. La classe à l'état pur. Bon c'est pas grave me lance Rony on ira le voir à Londres... Y' a intérêt Rony tu vas m'emmenner à Londres voir mon idole.

On ne déroge pas à la tradition d'aller saluer la famille Partouche au Palm Beach. Pas très urbaine ce soir, la famille nous déleste de quelque centaines d'euros que nous récupérerons certainement demain. Puis à 05H00 nous décidons de boire un dernier verre à la Discothéca club très étrange car on a l'impression d'être dans le Truman Show lorsque nous y pénétrons. Tout à l'air faux jusqu'aux derniers clients de la boite! Le seul qui a l'air vrai c'est le vrai Pascal Négre, en train de boire un verre. Il semble heureux de nous voir et nous faisons la fête jusqu'à 06H30.Vous ne saurez jamais ce que nous nous y sommes dit.... c'est moche.

dimanche, janvier 15, 2006

Week-end enfants

Dans ma voiture qui nous emmène au jardin d'acclimatation ma fille se plaint de ses camarades d'école. « J'en ai marre Papa toutes les filles viennent me voir pour me dire qu'elles sont amoureuses de mon frère. ». Coup d'œil dans le rétro : mon fils rougit mais ne peut s'empêcher d'esquisser un sourire. Cette nouvelle me ravit autant que le 10 qu'il m'a ramené en dictée!
C'est tout con mais je suis fier de mon rejeton qui ne se rend pas encore compte de l'importance du charme. Je l'envie d'avoir tout cela à découvrir.Le dragon, les tasses et autres autos tamponneuses finissent de m'achever.

23H30 pour la première fois depuis des années je suis au lit avant minuit.

Bonne nuit.

jeudi, janvier 12, 2006

Dani



Ras la journée.
Dîner avec Dani. Nous parlons de sa tournée piano voix. Dani a des doutes et c'est bon signe. Elle a besoin que je la rassure. C'est ce que je fais avec plaisir.
Je lui demande qui va mettre en scène son spectacle. Des noms fusent mais aucuns ne nous conviennent. Je bois une gorgée de vin et pense à Lagerfeld. C'est le moment qu'elle choisit pour me dire "et pourquoi pas Karl?"
Incroyable transmission de pensées en directe. Nous nous en étonnons tous deux, heureux de tomber d'accord. Je ne sais pas encore s'il va accepter mais s'il le fait ce sera j'en suis sûr artistiquement très intéressant et incroyable humainement. Nous faisons la fête une bonne partie de la nuit. Les gens reconnaissent Dani et sont d'une extrême gentillesse avec elle. J'en suis heureux. On se marre jusqu' à 04H00.

Pris d'une insomnie je me repasse "La chatte sur un toit brûlant". C'est Elisabeth Taylor qui m'endort ce soir. Y'a pire.

mercredi, janvier 11, 2006

Quelle leçon

10H00
Je visite un appartement très bien situé mais qui présente une particularité de taille: la salle de bain est entre la salle à manger et le salon, et la cuisine est dans la partie chambre. L'agent immobilier m'explique que la propriétaire est pourtant tout ce qu'il y a de plus "normal", mais qu'elle a insisté pour que les travaux soient faits de cette manière. Si cette jobarde est normal,e qu'est ce que ce serait si elle était louf dingue!

13H30
Déjeuner au Montalembert, très bel hôtel restaurant du septième, avec Juanita, agent de cinéma. Si vous avez très faim, mangez avant d'aller déjeuner dans cette endroit adepte de l'assiette ou l'on cherche les langoustines désespérément sous le lit de poireaux qui tient plus du lit de camp que du lit à Baldaquin!

Juanita est une jeune femme très élégante, très cinéphile, ayant un vrai regard sur son métier d'agent et sur le cinéma d'aujourd'hui. Son discours et son parcours me séduisent. Fille d'une gardienne d'immeuble, elle a réussit à monter une agence reconnue en très peu de temps et à représenter une bonne partie de jeunes acteurs et actrices avec sérieux et brio. Mon instinct me dit que nous allons bien nous entendre d'autant qu'elle parle de son agence et de ses comédiens comme je parle d'AZ et de mes artistes:avec passion.

17H30
Ce mercredi est un grand jour pour moi.
Grand corps malade entre dans mon bureau accompagné de son producteur Jean Rachid et de son représentant Gérard Davoust.
Ils viennent signer chez AZ.
Grand Corps Malade alias Fabien est le plus grand slameur de France.
Le slam est un art qui se pratique dans les cafés. Chacun vient avec ses textes les lire à un auditoire qui est là plus pour écouter que pour entendre.
L'écoute : se concentrer pour entrer dans l'univers de celui qui récite, voilà une gymnastique qui s'est perdue.
Aujourd'hui on entend mais on n’écoute pas. Regardez la plus part des animateurs télé, ils posent une question mais n'écoutent pas la réponse, l'œil rivé sur leur fiche déjà prêts, à poser la question suivante.

Au-delà de son indéniable talent, Fabien est un être exceptionnel.
Il devait être professeur d'éducation physique.Tout allait bien et il devait obtenir son diplôme haut la main. Physique d'athlète, 1M90 de muscles, beau gosse, habitant amoureux de sa ville Saint Denis.

Mais la vie en a décidé autrement lorsqu'il a sauté dans une piscine à moitié vide. Une vertèbre cassée; les médecins avaient dit à ces parents qu'il avait 2% de chances de remarcher un jour. C'est là que Fabien décide d'écrire, se raccroche à son stylo. Son incroyable force de caractère le pousse à espérer tellement fort qu'aujourd'hui il remarche. Avec une béquille, mais il remarche. Ses textes sont sensibles beaux et souvent drôles. Je suis sous le charme. Lorsqu'il slame sur Saint Denis on a envie d'aller y vivre. Son slam sur les handicapés est une leçon de vie et quand il raconte ses rencontre avec l'amour, c'est tout simplement phénoménal.

J'éprouve un pincement au cœur lorsque nous signons le contrat. Je suis content pour lui et heureux pour moi car, quoi qu'il arrive, cet artiste est remarquable, atypique et brillant. Lorsqu'il se met à slammer dans le bureau devant toute l'équipe je vois des regards médusés, étonnés, charmés, mouillés. Tout le monde est sous le charme de ce jeune homme de 27 ans bourré d'humour malgré un handicap qu'il a su transformer en atout. Son aura m'impressionne.

21H00
Nous partons du bureau direction le Bidou dans le 17éme. Ce restaurant qui existe depuis 1932 a été repris par Harry, beau gosse doté d'un humour ravageur. Harry a bien compris que la bouffe était primordiale de nos jours. Si vous aimez la salade de museau et les cotes de veaux à la crème arrosées de Maucailloux, alors foncez au Bidou. Vous ne regretterez pas votre investissement.
Nous nous découvrons encore un peu plus avec Fabien qui fait venir son meilleur pote pour fêter la signature. Il ne l'a pas encore annoncé à ces parents. « Je le ferai demain » me dit-il tout content comme s'il devait garder une bonne nouvelle par jour.
Je le sens savourer les bons instants comme s'il remerciait la vie.
Quelle leçon.
Je regarde ma montre : 02H40 et nous sommes encore à table. Je n'ai pas vu le temps passer mais il est temps de prendre congé.
En rentrant chez moi je mets une heure à trouver une place dans ce putain de quartier qu'il me tarde de quitter mais je ne vois pas le temps passer... je réécoute le disque de grand corps malade et ça suffit à mon bonheur.

lundi, janvier 09, 2006

Ce lundi je l'ai aimé

Je n'aime pas le lundi.
Mais ce lundi je l'ai aimé.
J'ai tout d'abord déjeuné avec Jean-Paul Dréau auteur compositeur de talent et Olivier Douce son éditeur et notre ami.
Des mecs comme Jean-Paul, y en a plus. Le moule est cassé…

Flashback :

Il y a deux ans je réécoute Elton John et je tombe sur "J'veux de la tendresse"
Toujours curieux et avide d'étendre mes connaissances je m'aperçois que c'est Dréau qui a écrit la chanson.

Curieusement, mon ami Olivier Douce m'appelle dans la même semaine pour me parler de Dréau et du fait qu'il s'était remis à écrire et qu'il aurait peut-être des chansons à proposer à Chimène. Je lui réponds que j'aimerai bien rencontrer Jean-Paul mais je sens une réticence.
"Tu sais Jean-Paul est un peu particulier.Il n'aime pas trop les gens de maison de disques".
Bien évidement cette réponse aiguise encore plus ma curiosité de rencontrer le compositeur du fameux "Coup de soleil" ou encore de l'album « Bulles » de Polnareff.
« Ok mais s'il est un peu bourru je t'aurais prévenu » me dit Olivier.
Notre premier déjeuner s'est passé à La Méditerranée, formidable restaurant de poisson situé place de l'Odéon. Le carpaccio de bar y est inégalable et la bouillabaisse ferait frémir de bonheur n'importe lequel de mes potes marseillais. Ce n'est pas pour rien que je leur ai donné rendez-vous dans cette endroit. La clappe fait partie de mes armes de séduction.
Je suis arrivé en premier au restaurant. Dix minutes plus tard, mon ami Olivier pénètre dans l'endroit avec un mec immense, le cheveu hirsute, l'air boudeur et des cernes à coté desquelles les miennes et celles de Bénicio del Toro font pale figure.
C'est donc lui le fameux Jean-Paul Dréau !
Le début du repas est assez froid, pour ne pas dire tendu. Mais je perçois une lueur d'espoir : l'oeil de Jean-paul s'allume lorsque je commande une bouteille de La doucette, ce fameux petit blanc qui donne du bonheur à chaque gorgées à tous les palais dignes de ce nom.
« Faut que je te dise Valéry, j'aime pas les mecs de maison de disque, aujourd'hui y'a que des trous du cul incultes qui ont plus le regard rivé sur leur chiffre d'affaire que sur les chansons. Des marketing man aux ordres de leurs chefs de Londres et de New-York. »
« Tu as raison, lui répondis-je à son grand étonnement, mais moi je suis un trou du cul qui a besoin de rencontrer les créatifs juste pour pouvoir frimer dans les dîners et dire que je les connais. »
Un partout balle au centre.
Puis je commence à lui poser des tas de questions sur son oeuvre, sa carrière en France, aux Etats-Unis .. à tel point qu'il s’étonne que je connaisse sa vie à ce point là.
« Comment sais tu tout cela sur moi ? »
« Parce que je suis un trou du cul renseigné !
»
A partir de cette réponse nous sommes devenus copains.
Jean-Paul a même signé 2 titres sur l'album de Chimène dont le premier single.
Je me souviendrais toujours la première fois que je lui ai fait écouter son titre "Je ne sais pas son nom" réalisé par Michel Amsellem. Nous étions dans ma bagnole, la sono à fond, son doigt suivait la voix de Chimène et à la fin du morceau, ce géant s'est mis à pleurer comme un enfant.

Retour à lundi.

Nous parlons boulot bien évidement, mais aussi de la vie de politique et enfin de trucs de garçons qui ne regardent pas les filles.

15H00
Retour au bureau ou je travaille sur des projets dont je vous parlerai plus tard.

21H30
J'arrive sur la péniche de Francis Kertekian producteur-éditeur-manageur de Rachid Taha, des Têtes Raides ou encore de Bruno Maman. C'est justement l'anniversaire de Bruno ce soir.
Francis est l'un des derniers seigneurs de ce métier. Vivant sur une magnifique péniche avec ses filles, ses gendres et ses petits-enfants mais aussi parfois certains de ses artistes. Lorsque Francis vous reçoit, avec son accent chantant, c'est toujours lui qui fait la cuisine. Ce soir le fumet des tendons de veaux à la tomate vient délicatement caresser mes narines, frigorifiées par le tour en scooter que je leur ai imposé.

Bruno Maman a à mon sens l'un des plus beaux disque du moment. Il suffit d'écouter « En faisant la route » pour résumer qui est Bruno: il dénonce des horreurs sans donner de leçons de morales à deux balles, avec sensibilité mais surtout efficacité. Il n'y a pas un jour ou je ne pense pas à ces petites filles d'Asie données en pâture à des gros dégueulasses.

Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que cet artiste trouve son public. Un album pareil est un bijou, une toile de maître pour les oreilles.
De plus Alain Goraguer a fait les cordes alors qu'il n'avait plus travaillé depuis Gainsbourg!
Nous parlons de ses concerts mis en scène par Gilles Porte.

Un vrai moment de bonheur!

Puis nous décidons, poussés par les jeunes, de faire un poker. Nicolas avec qui je travaille depuis des années, et qui a eu la bonne idée de ramener Bruno chez AZ, n'a jamais joué au Texas Holden mais décide de s'attabler quand même. Il fait troisième à mon grand étonnement!

Je perds la finale contre Francis, mais c'est très bon signe quand même : le jeu est revenu à la veille de tournois importants auxquels je dois participer.

Pendant que nous jouons, René l'un des convives raconte à Sandra qu'il a tout laissé tomber pendant 3 ans pour aller suivre les baleines dans l'antarctique. Son récit me remplit de joie. J'ai l'impression que Cousteau est revenu avec nous.
Seul bémol, je flippe qu'elle veuille en adopter d'autres.
Nous avons déjà quatre baleines : Vito, Bounty, U2 et Pulpeuse, que je ne reconnaîtrais même pas si je les croise car nous ne les avons jamais vues mais de qui je reçois des nouvelles régulièrement en échange d'un beau chèque. Ma seule certitude c'est que ces quatre là ne finiront pas en bâtonnet de rouge à lèvre ce qui a comme avantage de rassurer ma femme.


02H00
Je rentre.

Bonne nuit.

dimanche, janvier 08, 2006

Cinéphage

J'ai passé ma journée à mater des films :

Anthony Zimmer d'abord ; Sophie Marceau y est irrésistible de beauté et Yvan Attal confirme qu'il est, à mon avis, l'un de nos meilleurs acteurs. Tout cela est très bien filmé et je suis heureux de voir Samy Frey ridé, lui qui m'a tellement rendu jaloux dans César et Rosalie. J'étais du côté de César! Mais le scénario est un peu trop léger, à tel point que je comprends l'intrigue trois quart d'heure avant la fin.

Puis ma femme boude, toute jeune qu'elle est, quand je mets un de mes fameux noir et blanc qu'elle déteste : Le Deuxième Souffle. Alors là, Papa, on change de braquet et on passe la démultipliée, Melville aux manettes, Giovanni aux dialogues, Lino Ventura, Paul Meurisse, Michel Constantin et Raymond Pellegrin à la distrib, ça c'est du sur mesure, du velours pour les
oreilles, du caviar pour les yeux. Putain, que c'est bon!

Puis j'enchaîne sur Le Samourai. Et là encore, pure merveille : Delon, Perrier, c'est pas du cinéma de cloche, ça. Ca a la puissance d'un grand bourgogne et la classe d'un très grand bordeaux.

Et maintenant je vais vous laisser car je vais me refaire Le Silencieux avec Lino.

« Dis, si je vais en enfer, est ce que je pourrais emmener mes disques et mes films? »

samedi, janvier 07, 2006

Je le sentais..

Ce soir nous sommes invités à jouer au tarot chez Marc et Sarah qui m'ont tollé pendant toutes les vacances.
Je me rends chez Le Rouge et Le Noir, magasin de jeux proche du Jardin du Luxembourg, tenu par deux petites vieilles adorables passionnées par les jeux. On y trouve des curiosités comme les jeux de quilles indiennes ou encore un Monopoly portable miniature.

Puis je passe au Mégastore acheter la b.o. de Magnolia interprétée par Aimée Mann, que je viens de découvrir et dont la voix et l'interprétation me transportent, ainsi que le dernier essai politique d'Alain Duhamel - pas langue de bois pour une fois.

04H00
On fait les comptes: Valéry premier plus 850..., je le sentais et en plus j'ai vécu un merveilleux moment.

vendredi, janvier 06, 2006

Une star Marc Dorcel

Ras la journée.

22H30
Je déboule au Mathis avec ma femme belle comme une star d'Hollywood et l'une de ses meilleures amies, belle comme une star Marc Dorcel.
Je ne vous raconterai pas la suite mais je me suis bien marré jusqu'à 06H00 sans omettre de passer au Baron, histoire de vérifier si le bar est toujours à la même place.

jeudi, janvier 05, 2006

Christophe

Quelques bonnes nouvelles égayent ma journée dont le live de Chimène qui rentre premier dans les plus grandes enseignes de magasins. C'est très bon signe pour le top de mardi prochain.

21H30
Je débarque chez Fogon, restaurant de tapas sur les quais tenu par un espagnol marié avec une argentine. Christophe n'est pas encore arrivé. C'est lui qui a tenu à ce que nous allions dans un de ses endroits favoris. C'est bon signe. Cet artiste ne se livre pas aussi facilement. Nous sommes en train de nous découvrir.

21H45
Le voilà qui pénètre dans le restaurant, petites lunettes de soleil de star sur le nez, sa chevelure blonde bien plaquée en arrière, la classe quoi.
Les clients le reconnaissent mais ne l'importunent pas.

Christophe est en train de composer son nouvel album qui constituera l'un des événements majeurs de cette année pour AZ.

..."J'ai trouvé une machine qui a un son inégalable, le problème c'est qu'il n'y en a que 3 dans le monde disponibles. Il faut se dépêcher c'est une machine suédoise."...

Le jeune garçon qui travaille avec lui s'appelle aussi Christophe et opine du chef... Ce réalisateur a beaucoup de talent. C'est le guitariste du groupe Tanger. OK pour la machine car je sais que Christophe est non seulement un artiste incontournable mais aussi et surtout un puriste doublé d'un esthète aimant le son parfait au point d'aller dégoter des machines dans le monde entier.
Après avoir parlé longuement musique, le sujet vire sur le cinéma.

Christophe est l'un des personnages les plus cinéphiles que je connaisse. Il m'a fait très plaisir en me disant qu'il avait vu Backstage plusieurs fois et qu'il m'avait beaucoup aimé dedans. Cela me touche et je le sens sincère quand il me dit "tu pourrais même jouer un curé si tu voulais !"

01H45
Je le dépose chez lui puis, après avoir longuement hésité, je rentre chez moi au lieu d'aller retrouver Justerini et Brooks... "Tu deviens raisonnable ou quoi ?" me dit Tom. Pas du tout mon pote... mais je me vengerai demain.

mercredi, janvier 04, 2006

Poker

Matinée studieuse au bureau.

13H00
Déjeuner avec Max Amphoux, figure légendaire du monde du disque.
Max est un personnage.
Un vieux de la vieille comme je les aime, grillant gitane sur gitane ; c'est un des meilleurs éditeurs depuis des décennies. Et ce gars me fait l'honneur de bosser avec moi.
Après un rapide tour d'horizon de nos affaires, nous commentons le projet de loi sur Internet. Nous rions en nous disant que les 30 députés ont dû voter cette loi parce que leurs propres gosses doivent pirater!
Malgré les années, la passion n'a pas lâché Max. Il aime toujours comme au premier jour les artistes et les chansons.

15H15
Retour au bureau.
J'ai une réunion artistique avec Antoine et Nicolas, mes deux oreilles. J'adore ce moment où on s'engueule sur des chansons et des réalisations. Ils s'allient souvent tous les deux contre moi. Ca me fait marrer.
Puis j'enchaîne les rendez-vous jusqu'à 20H00, heure à laquelle, j'ai juste le temps de rentrer chez moi prendre une douche et me changer pour le poker sur Paris Première.

21H30
Me voilà assis à la table de poker de Paris Première en compagnie de 4 rugbymen du Stade Français dont Christophe Dominici qui joue très bien et d'un ancien champion du monde anglais pas très prolixe mais fort sympathique.
Je me dis que n'importe qui va pouvoir voir à la télé que je suis « black » en ce moment mais je m'en fous. Comme beaucoup, j'adore le Texas Holden. La partie est d'une violence extrême ; dans la même donne un carré et un full c'est énorme!
A ma grande surprise, je ne fais pas dernier mais avant-dernier! Evidemment, je n'ai pas eu de jeu mais, bizarrement, je suis rassuré car je sens qu'il revient.

01H30
Je rentre chez moi après avoir dîné avec ma femme et un couple d'amis qui m'avaient rejoint au poker.

mardi, janvier 03, 2006

Titoff

10H00.
J'arrive au building Universal pris dans un capharnaüm inouï puisqu'AZ déménage du premier au quatrième étage. Mon bureau est rempli de cartons où se trouvent mes différents bibelots, porte-bonheur, livres et autres conneries que je traîne depuis des années.
Tous mes disques d'or de platine et de diamants sont emballés...
Cet environnement ne m'enchante guère mais je suis vite consolé par mes collaborateurs qui malgré le manque de place évident sont apparemment heureux de me voir.

J'ai une équipe formidable et c'est primordial car je passe beaucoup plus de temps avec eux qu'avec ma femme ou mes potes!

Les charts sont bons tout comme les résultats d’AZ pour l'année écoulée. Encore un bon prétexte pour faire la fête cette semaine.

19H30
Titoff pénètre dans mon bureau accompagné de son frère Laurent et de son avocat. Ils sont là pour signer leur contrat avec AZ.
Il y a un an, j'ai décidé de monter un département humour qui serait un satellite d'AZ. Mon président a trouvé l'idée intéressante et nous y voilà.

Pour une première signature je suis heureux que ce soit Titoff. Ses yeux malicieux brillent comme ceux d'un enfant au moment de Noël. Il a été le premier humoriste à faire du stand-up en France, c'est à dire à pouvoir rester 1 heure 30 sur scène sans noir ni coupure. Même le
grand Gad el Maleh s'est inspiré de cette performance.

Je suis très heureux de cette signature. Toute l'équipe vient boire un coup comme la tradition le veux quand on signe chez AZ.

Je découvre son frère Laurent avec qui Titoff travaille depuis le début. Leur complicité me touche. J'aime l'idée du travail en famille. J'aurai adoré travailler avec mon père.
Peut-être qu'un jour un de mes enfants aura envie de travailler avec moi. J'en serais ravi mais pour l'heure ils sont beaucoup trop petits.

Puis nous décidons d'aller fêter la signature à l'hôtel Costes véritable institution du Paris chic et branché. Cela fait 10 ans que ce restaurant est un passage incontournable du show-business, du cinéma, du monde de l'art et des médias. Et moi ça fait 10 ans que j'y vais. Jean-Louis Costes est un véritable pro. Rien n'est laissé au hasard. Je l'ai même surpris en train de changer une ampoule lui même alors qu'il règne sur un empire.

Le sens du détail… primordial le détail!

L'ambiance feutrée n'empêche pas les soirées agitées... le tout sous l'oeil aiguisé de Jean-Yves Bouvier, star élégante de la nuit depuis des décennies dont l'amie la moins célèbre doit être Sharon Stone !

Cet endroit est toujours bourré de jolies filles et de stars. Je dis à Laurent de regarder discrètement sur sa gauche, qu'il y a un avion assis de dos. Il me répond que j'ai raison et me dit en déconnant : "mais bien sûr c'est Monica Bellucci".
On se marre, la fille se retourne et là, c'est Monica Bellucci!!! C’est ça le Costes!

Nous discutons du prochain spectacle et de tout ce que nous avons à faire d'ici là. Je passe un super moment. J'aime travailler avec les artistes. Les idées fusent, il faut trier ce qui est faisable, ce qui peut être une fausse bonne idée. Passionnant.

J'aime mon métier.

02H00
Je rentre retrouver ma femme qui elle-même a travaillé tard.
Malgré cela, elle m'attend sapée comme une princesse dans le salon.
Ca, c'est un accueil!
Fermez bien la porte et bouchez-vous les oreilles.

Bonne nuit.

lundi, janvier 02, 2006

Ca commence mal

Dimanche 1er janvier : Je reperds au tarot. Ca commence à être inquiétant d’autant que je n’ai pas de jeu du tout. Si encore j’avais mal joué, je ne pourrais m’en prendre qu’à moi-même.
Mon portable est saturé de messages de bonne année. Pris d’une subite fainéantise du pouce droit, je n’ai pas le courage d’y répondre. Je me rattraperai.

Un peu de télé

2 janvier, retour à Paris. J’allume ma télé et je tombe sur le zapping de l’année sur Canal.
Moi qui ne la regarde quasiment jamais, je suis servi : toutes les conneries de l’année condensées en trois petites heures. Quand je vois d’anciennes chanteuses aller faire le guignol dans une ferme, j’ai de la peine pour elles, comme j’ai de la pitié pour Christophe Dechavanne déguisé en poule pour les besoins de cette inoubliable production ; comment ce type qui a su être si brillant il y a 15 ans a-t-il pu tomber aussi bas ? Voilà une bonne leçon pour ceux qui pensent que nos métiers sont si faciles.

Puis les européennes, mauvais souvenir… J’ai soutenu le oui et j’ai perdu.

Enfin tout ce spectacle me fait sourire et me mine un peu en même temps.
En 2006, allons-nous mieux préparer l’avenir de nos enfants qu’en 2005 ? Je le souhaite ardemment mais je n’en suis pas si sûr.

Voilà, je vais profiter du seul soir que j’ai chez moi cette semaine.
Tiens, ils repassent Taxi Driver sur TCM. Je vous laisse, j’adore la coupe de Jodie Foster.


Bonne nuit.

dimanche, janvier 01, 2006

Vacances - III

D’habitude je déteste les réveillons. Mais cette journée commence bien. Soleil et ciel bleu me réveillent par l’entrebâillement d’un volet mal fermé. Il est 10H30. Je descends prendre mon petit déjeuner à la piscine ou les filles sont déjà en train de parler de la soirée. Au milieu de toutes ces jolies femmes, j’ai l’impression d’être un pacha ! Au menu : crêpes marocaines avec du miel, thé, cornes de gazelles. Je me gave en lisant les premiers pas du nouvel entraîneur du PSG dans L’Equipe pendant que les filles se racontent ce qu’elles vont certainement porter pour la soirée. J’aime regarder les filles en maillot de bain.

Déjeuner à L’Amanjana, un des plus beaux hôtels du monde avec mon pote Michael. Mon compère. Je le considère comme un frère. Nous parlons beaucoup de cinéma, de musique, puis comme toutes les semaines, le sujet vire sur le perso.

Je passe mon après midi à jouer au tarot et rebelote, je reprends une raclée. Cela ne me fait pas du tout plaisir. J’ai parfois l’impression que mon jeu augure de ma vie. S’il est bon, c’est que l’avenir va être clément. S’il est mauvais…et là, il est très mauvais. Je fais malgré tout bonne figure pour ne pas mettre mes hôtes dans l’embarras.

22H45 : nous voilà arrivés dans la maison où nous sommes invités à passer la fin de l’année. Maison magnifique donnant sur une piscine somptueuse. Une centaine de personnes d’horizons très différents font la fête. Donna Summer donne du « Hot Stuff » et ça tombe bien j’adore Donna Summer et je me mets donc à danser et à parler jusqu’à une heure avancée de la nuit ! Quelque chose d’incroyable se produit. Pour la première fois depuis longtemps, je ne fais pas appel à Justerini et Brooks. Ce soir, je ne passerai pas la soirée avec vous les gars. Je vais vous tromper avec Melle Belvédère. Le charme ruskoff : pas mauvais pour fêter la fin d’une très belle année.